31 mai 2007
Cynical Orange T1 (Ji-Un) – Drakosia – 6,95€
Hye-Min est belle, très belle, la plus belle fille du lycée. Alors forcément, elle plaît aux garçons et déplaît aux filles. Ces dernières sont terriblement jalouses d’elle et la méprisent : si elle parle à un garçon, cela veut dire qu’elle le drague, si elle l’ignore, elle est traitée de bêcheuse. Du côté des garçons, ce n’est pas mieux. Ils sont trop intimidés pour lui parler ou quand ils le font, ils se montrent particulièrement lourds. Il n’y a que le beau Jeong-Yeon qui l’intéresse mais lui la trouve trop hautaine. Il reste bien Jang Mach qui lui tourne autour de façon insistante…
Nous sommes dans du shojo (manga pour jeune fille) pur jus. Le scénario reprend les clichés du genre avec ses filles jalouses, sa belle héroïne, ses gens étranges, ses sentiments à foison et sa bonne dose d’humour. Le récit n’arrive pas à sortir de ce cadre pour autant et se cantonne dans cette narration basique. Les dessins restent agréables à regarder et rajoutent de la douceur à l’ambiance de ce manga.
Cynical Orange ne révolutionne pas le genre et reste réservé uniquement au public qu’il vise. Ce dernier saura apprécier par contre.
21 mai 2007
Monsieur le Chien T1 (Monsieur le Chien) - Théloma – 14€
Découvert grâce à Internet (www.monsieur-le-chien.fr), Monsieur le Chien arrive enfin en album, chez Théloma. Monsieur le Chien est assez particulier on va dire. Il n’est pas vraiment un pur produit de la Blogosphère puisque assez boudé par ses grands pontes mais il est loin d’être un inconnu car il a su convaincre ses lecteurs. L’album arrive donc grâce à son talent et non ses amitiés Internet… Et il vaut le détour : Monsieur le Chien est un obscur fonctionnaire, marié, avec deux gosses et il jette un regard blasé, cynique, sur lui, ses gosses, le sexe, sa femme, le sexe, le monde qui l’entoure et aussi le sexe. De l’humour, de l’autodérision mais aussi du mauvais goût forment la totalité de l’album. Pas un mauvais goût qui donne envie de le refermer aussitôt mais bien un mauvais goût qui relève encore la saveur de l’humour.
Pour vous donner une idée, foncez sur son blog, vous verrez très vite ce qui vous attend dans l’album : un gros n’importe quoi suffisamment bien construit pour vous faire rire. L’album est drôle, bien qu’un peu cher mais la durée et le plaisir de lecture occultent ce léger défaut. Alors suivez les frustrations, les fantasmes et les délires d’un contribuable moyen. J’espère vraiment que l’aventure BD de son auteur n’en restera pas là, il y a du talent derrière.
04 mai 2007
Aliens : Salvation (Gibbons, Mignola, Hollingsworth) – Wetta – 10,90€
Aliens : Salvation a été publié initialement en France en 1993 et reste
introuvable de nos jours. Mignola et Gibbons n’étaient pas aussi connus
à cette époque. Vous pouvez dorénavant le découvrir grâce à cette
réédition par Wetta. A nouvelle édition, nouvelle tradition, agrémentée
d’une interview de Mike Mignola et d’extraits de BD de la collection
Aliens et dans son format original. L’histoire est assez classique. Un
cargo spatial, le Nova Maru, au service de La Compagnie, transporte des
dizaines de xénomorphes aliens. Son capitaine devient fou et abandonne
tout son équipage, sauf Selkirk, un homme pétri de foi. Ils se
retrouvent alors sur une planète hostile, sans eau ni nourriture. Et
quand le Nova Maru s’écrase sur la planète, sa fameuse cargaison
retrouve la liberté.
Le traitement du scénario reste pourtant original, Gibbons (qui a
travaillé avec des auteurs comme Alan Moore ou Frank Miller, rien que
ça) fait le choix de raconter l’action uniquement par le biais de
Selkirk qui voit en les Aliens des créatures venues de l’Enfer, lui
offrant la possibilité d’accéder au Paradis. Niveau dessin, Mignola
(Hellboy) fait tout simplement du Mignola : graphisme simple mais
efficace. L’album n’est donc pas un chef-d’œuvre de la littérature mais
plutôt un grand spectacle en BD. C’est violent, c’est noir, le cocktail
prend.
26 avril 2007
Bulle d'Encre 12
Le numéro 12 de Bulle d'Encre vient de sortir, toujours téléchargeable gratuitement sur le www.bdencre.com.
Nous démarrons ce numéro 12 avec une nouvelle formule plus light, juste avant l’été ! Perte de poids, perte de pages, mais c’est pour mieux aller à l’essentiel, mon enfant.
Au sommaire, un dossier aux céréales complètes sur les éditions Ankama – pour découvrir les dessous des créateurs de Dofus – et pourquoi pas gagner quelques lots grâce à notre nouveau concours dont des abonnements au jeu Dofus et des art-books :
http://bulledencre.free.fr/blog/index.php/?2007/04/25/383-concours-ankama
Nous rendons aussi hommage à Yvan Delporte dans nos pages, un grand merci à lui pour tout ce qu'il a fait pour la BD franco-belge.
Sans oublier un nouveau jeune auteur à découvrir, répondant au nom de Cmax, allégé en matières grasses et nos chroniques, 100% naturelles. Ah tiens ? Bon, OK, pour le dessert vous aurez droit à une nouvelle rubrique… Mais c’est bien parce que c’est vous ! Cette rubrique vous est ouverte, nous espérons vous y voir nombreux.
PS : N'oubliez pas qu'un autre concours s'achève lundi 30 avril. Il ne vous reste plus que quelques jours pour gagner une BD Soleil, des ex-libris et des cartes Soleil sur le jeu en ligne Urban Rivals :
http://bulledencre.free.fr/blog/index.php/?2007/04/18/348-concours-urban-rivals
24 avril 2007
Six Runkels en Amborie T1 (Shovel) - Epsilon - 13€
Venus de l’île de la Réunion, Shovel (son blog) et son éditeur Epsilon s’attaquent à la métropole avec un bel album : Six Runkels en Amborie. L’histoire commence avec un basique téléphone portable qui intéresse les habitants d’Amborie, un monde souterrain où résident des créatures issues du merveilleux, et qui le prennent pour un objet sacré. Beaucoup plus haut, sur la surface de notre terre, un gamin se fait gronder pour avoir perdu le portable de sa mère et va être obligé de le retrouver… Et ce qui devait arriver arriva, voilà notre gamin qui tombe en plein cœur d’Amborie où il est aussitôt traité comme un dieu venu sauver leur monde de sombres desseins maléfiques.
Shovel réussit un exercice difficile à réaliser en faisant l’album entièrement seul (sauf l’impression ^_^). Il nous livre dans cet album aux tons d’heroic fantasy un regard sur notre propre monde, les habitants d’Amborie sont confrontés au fanatisme religieux, aux luttes de pouvoir, à la peur. Dessins de qualité, scénario intéressant (notons les différences de langage, sources de quiproquos entre les Amboriens et l’humain échoué), font de Six Runkels en Amborie un album qui mérite de s’y attarder et de le demander à vos libraires.
A noter, Shovel sera ravi de parler de son travail avec vous dans ce sujet.
20 avril 2007
Titeuf T11 (Zep, Chevrier) - Glénat - 9,40€
Inutile de présenter Titeuf, série devenue culte auprès d’un très large
public et ayant fait de son papa, Zep, un auteur connaissant un succès
amplement mérité. Pour ceux qui ont vécu dans une grotte ces dernières
années, rappelons juste que Titeuf raconte le quotidien d’un gamin et
de sa bande de copains, tous obsédés mais se posant aussi pas mal de
questions sur la vie et se plantant royalement dans ses réponses, le
tout traité avec énormément d’humour.
Après un tome 10 qui a déçu nombre d’amateurs du héros à la mèche
blonde, Zep revient dans sa plus grande forme ! Humour percutant,
dessins efficaces, l’album est un pur moment de plaisir. Que ce soit le
bédéphile averti ou un lecteur lambda, les gags feront mouche et
sauront plaire à tout le monde (pas comme Marc-O), on rit vraiment ! On
découvre dans ces pages un Titeuf persuadé de déménager, le remplaçant
de sa maîtresse, aux nouvelles méthodes pédagogiques, mais peu de
changements notables par rapport aux autres tomes, on reste dans le gag
en une page sans fil conducteur.
Bref, foncez vous le procurer et être l’heureux possesseur d’un des 1
800 000 albums tirés pour la première édition (rien que ça !).
Décidément, Titeuf n’est pas près à quitter le cercle fermé des
best-sellers de la BD…
17 avril 2007
Les aventures de Lucky Luke d'après Morris T2 (Gerra, Achdé, Ducasse) - Lucky Comics - 8,70€
Après la Belle Province, Laurent Gerra et Achdé repartent sur une nouvelle adaptation du célèbre cow-boy créé par Goscinny et Morris. Dans ce second album des aventures de Lucky Luke, les quatre frères Dalton sont condamnés à la peine capitale. Heureusement pour eux, une ancienne loi stipule qu'un mariage pourrait les gracier. Et Ma' Dalton va tout faire pour sauver ses rejetons ! Mais où trouver quatre épouses pour ces bandits ? Solution est trouvée dans la tribu des Têtes Plates… mais finalement, la pendaison n'aurait pas été pire que ce qui les attend !
Les auteurs ne sont pas partis dans une imitation des créateurs mais bien dans leur propre appropriation de l’univers du cow-boy solitaire. On y découvre un Averell amoureux, un Joe toujours aussi coriace, un Jolly Jumper flegmatique mais on regrettera d’avoir un Lucky Luke assez effacé. Gerra a su davantage gérer son scénario que dans La Belle Province où il lui avait été reproché d’amener des gags au détriment du récit. Saluons aussi le talent d’Achdé qui a réussi à faire revivre avec brio les personnages de Morris ! Au final, un album agréable à lire et où il ne faut pas chercher la comparaison à tout prix.
13 avril 2007
Judith T3 (Oliveira, Godeau, Cosson) – Bamboo – 12,90€
Après un huis clos en deux tomes, la série Judith repart sur un nouveau cycle. La belle Judith recommence de zéro dans une nouvelle vie faite d’anonymat. La folie et les tueries de son passé sont désormais loin, leur dernier vestige se trouve en l’enfant de Judith, une petite Julia, le même prénom que sa sœur jumelle décédée. Des trois hommes du premier cycle, il n’en reste aussi plus qu’un. Deux individus seuls et sans repaire, cherchant à refaire leur vie loin de l’autre et de ce passé trouble. Mais ce dernier va de nouveau s’inviter dans leur existence, en faisant surgir une belle tueuse, commanditée par une organisation inconnue. Une secte a de son côté fait de Judith une prophète… Et Julia semble étonnamment mature pour son très jeune âge, n’y a t’il que son prénom qui la lie à sa tante ?
L’ambiance mystérieuse qui planait sur les deux premiers tomes reste toujours aussi forte. Le scénario arrive sans problème à se renouveler et de mon côté, je peux me permettre une petite comparaison avec la série Prison Break. La première saison se trouvait dans le milieu fermé de l’univers carcéral et la seconde relate une course poursuite. Ici, c’est absolument pareil, nous voilà dans la seconde saison. Et à l’instar de la série, on se demande vraiment ce qui nous attend au prochain épisode… euh, au prochain tome, pardon.





